LA PORTE DES DIEUX — 自由門神
DE WANG TOON

TAÏWAN. 2002. 2H08. VERSION NUMÉRIQUE RESTAURÉE. INÉDIT EN FRANCE

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UN FILM
de Wang Toon


AVEC

Avec Lee Kang-sheng, Shen Ying, Wen Ying, Ye Quan-zhen, Ke Yi-Zheng,, Zhang Rui- zhe


CHEF OPÉRATEUR
Yang Wei-han


MONTEUR
Chen Sheng-chang 

INGÉNIEUR DU SON
Yang Jing-an



L’HISTOIRE

Deux jeunes hommes découvrent que les portes d'un temple local sont des antiquités précieuses.

Séduits par la tentation de l'argent facile, ils commettent un vol audacieux. 

Mais la situation dérape lorsqu'ils se retrouvent impliqués dans une série d'événements violents, avec la police à leurs trousses.



La Porte des dieux suit deux jeunes hommes qui découvrent que les portes d'un temple local sont des antiquités précieuses. Séduits par la perspective de l'argent facile, Ah-gou et Ah-hui les volent afin de les vendre à un trafiquant surnommé Blackface. La situation dérape lorsqu'ils se retrouvent impliqués malgré eux dans une série d'événements violents : Blackface est tué, la police est à leurs trousses.


Le film est réalisé par Wang Toon, figure majeure du cinéma taïwanais, mais encore assez méconnue en Europe, où La Porte des dieux est encore inédit. Wang Toon a commencé comme chef-décorateur avant de devenir le maître de toute une génération de cinéastes, notamment du réalisateur Tsai Ming-liang, qui a commencé comme chef-décorateur auprès de Wang Toon... Les liens et les dialogues entre les deux cinéastes se prolongent d’ailleurs, dans La Porte des dieux, avec la présence de Lee Kang-sheng, acteur fétiche s’il en est de Tsai Ming-liang.


Avec La Porte des dieux, Wang Toon fait son premier film contemporain, alors qu’il a surtout travaillé sur l’histoire et le passé de son pays. Et c’est assez symbolique qu’il se concentre sur un des symptômes du monde moderne : le vol et la revente d’objets du patrimoine et d’objets sacrés, qui semblent ne plus avoir la même valeur dans leur pays d’origine, mais qui sont recherchés par le marché étranger, car gagnent une valeur exotique. Wang Toon, ne critique pas la modernité en soi, mais il observe les évolutions des personnages, leurs décisions, et les conséquences que celles-ci ont sur leurs vies. Rien n’oblige les personnages à s’intégrer dans cette brèche-là de modernité, mais ils ont la liberté de le faire.


Wang Toon a grandi dans un Taïwan autoritaire. Donc, au début des années 2000, quand il réalise La Porte des dieux, dont le titre original veut dire littéralement “Dieu de la liberté”, il explore et décline le thème de la liberté dans un Taïwan devenu très démocratique. Pour ce faire, il s’appuie notamment sur la figure emblématique de la Statue de la Liberté.

Il ne filme pas cette Statue comme le symbole qui accueille les migrants, celle qu'on peut voir par exemple dans Le Parrain 2 de Francis Ford Coppola. Il filme plutôt ce qu'elle représente : un fantasme, un exotisme, un idéal.

Ce n’est pas anecdotique pour Wang Toon qui a beaucoup travaillé sur le Taïwan sous colonisation japonaise, de regarder vers les États-Unis, qui sont la première décolonisation de l’histoire. Ce qui est intéressant, par ailleurs, ce sont les résonances historiques qui se font avec cette figure de la Statue.

Le projet de la Statue de la liberté a été porté, pendant le Second Empire en France, par Bartholdi et Lefèvre Laboulaye, des opposants à l’Empire, des républicains libéraux modérés.

Dans le contexte taïwanais de l’époque, républicain, libéral, et face aux menaces expansionnistes, impérialistes de la Chine, il y a comme un écho très fort qui se construit et qui, aujourd’hui encore, perdure…

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