
UN SAC DE PUCES — PYTEL BLECH
TCHÉCOSLOVAQUIE. 1962. 42'. N&B. RESTAURÉ À PARTIR DES NÉGATIFS ORIGINAUX PAR IMMAGINE RITROVATO ET L'UNIVERSAL PRODUCTION PARTNERS DE PRAGUE.
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UN FILM
de Věra Chytilová

AVEC
Eva Bosáková, Věra Uzelacová, Josef Langmiler, Jiří Kodet, Milivoj Uzelac, Jaroslava Matlochová.
PRODUCTION
Stanislav Koláček
IDÉE ORIGINALE
Věra Chytilová, Pavel Juráček
CHEF OPÉRATEUR
Jaromír Šofr
MONTEUSE
Marie Čulíková
INGÉNIEURS DU SON
Gustav Houdek, Jan Kindermann, Benjamin Astrug.

L'HISTOIRE
Des adolescentes vivent dans l’internat d’une usine de textile. Dehors il fait beau, dehors il y a la vie, mais elles sont à l’intérieur, confinées. Comment ne pas bouillonner ?
L’ÉCLAIRAGE DE GARANCE FROMONT, DOCTORANTE EN HISTOIRE DU CINÉMA ÀL’UNIVERSITÉ PARIS CITÉ.
« En 1962, grâce à la maîtrise du Plafond, Věra Chytilová fait ses débuts professionnels avec le court-métrage Un sac de puces (Pytel blech) consacré à un internat féminin dans la ville de Náchod où résident les jeunes travailleuses d’une usine textile.
La cinéaste s’imprègne de la vie des jeunes filles qu’elle souhaite filmer, de leur langage, et développe un scénario entièrement à la première personne où elle imagine l’arrivée d’une nouvelle résidente Eva Gálová, et sa rencontre avec ses colocataires.Parmi elles se distingue Jana, personnalité effrontée, travailleuse talentueuse, mais qui préférerait vivre sa vie d’adolescente plutôt que celle d’une employée modèle.
Elle quitte son travail pour rejoindre un petit-ami, est surprise en train de fumer dans sa chambre et très vite le comité d’administration de l’usine s’en mêle, et cherche à faire rentrer Jana dans le rang.Mais on met difficilement les feux-follets en cage, et la jeune femme n’a pas dit son dernier mot.
Entièrement tourné en caméra subjective du point de vue d’Eva qui n’apparaîtra jamais à l’écran, Un sac de puces poursuit les expérimentations formelles du Plafond avec une tonalité diamétralement différente.
Si le film est fictionnel, Chytilová y met en scène les véritables résidentes de l’internat, leur laissant improviser les dialogues d’après la trame narrative qu’elle a élaboré, ce qui permet de saisir la spontanéité de leurs échanges, mais restitue également l’humour avec lequel, du haut de leur jeune âge, elles abordent les situations inévitables provoquées par la vie en communauté.
Plus insidieusement, la réalisatrice y montre aussi le système de surveillance permanente mise en place dans cette société communiste, où même la vie privée des adolescents est scrutée et commentée publiquement, ce que représentera également M. Forman dans Les Amours d’une blonde quelques années plus tard.
Le résultat final est un film drôle et vivant, où les actrices d’un jour s’en donnent à cœur joie pour défier toute forme d’autorité, dans un élan libertaire qui rappelle celui des Maries des Petites Marguerites.
Présenté au festival de Karlovy Vary où il est remarqué en raison de sa nouveauté, le film sort sur les écrans avec Le Plafond dans un double programme intitulé Un sac de puces au plafond en 1962.
